Deviate Highlander II – Need for speed – Essai

Le Highlander c’est le trail bike/all-mountain de Deviate, un step en dessous du bruiser qu’est le Claymore. Malgré ça, avec ses 145mm de débattement en arrière, le Highlander reste un bike plus capable que la moyenne.

C’est aussi un des rares vrais high pivot du marché (axe se déplace vers l’arrière sur l’ensemble du débattement): ça a un impact majeur sur la personnalité du Highlander et la façon de le driver en virage. Avec Forbidden, Deviate est une des seules marques grand marché à offrir ce genre de trail bike.

Est-ce que Deviate à réussi à scaledown le Claymore pour créer une bike vivant et engageant dans des trails moins demandantes? C’est le nerf de la guerre avec le segment des high pivot trail bike.

Détails: Deviate Highlander II

  • Débattement: 145/160mm (arr/av)
  • Taille des roues: 29
  • Angle de fourche: 65 degrés
  • Reach: 430, 460, 490 et 510mm
  • Chainstay: 441mm (453 au sag, 463 au bottom out)
  • Matériel: Carbone
  • Taille disponible: S, M, L et XL
  • Prix: 5 000 (frameset) à 11 000$
  • Plus d’informations: Deux roues pi d’la bouette

Méthodologie

J’essaie les vélos sur une période d’une semaine, ça me permet de mettre, grosso modo, 10 heures dessus. Je priorise toujours le type de trail pour lequel le vélo a été pensé, mais je me permets aussi d’aller challenger ses limites. 

Mon objectif c’est de cerner, pour toi, son caractère et sa personnalité. Comme ça, tu peux t’assurer de trouver un vélo qui fit avec toi et tes ambitions dans le bois.

Dans ce cas-ci, c’est un de mes vélos démos que j’ai en magasin. J’essaye, autant que possible, de rester impartiale dans mon essai, mais je te pardonnerais d’être un peu plus critique envers ce que tu vas lire.

Dans l’article, on va aborder:

Temps de lecture: 9 minutes

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1 – Présentation

Le Highlander c’est le trail bike de Deviate, et dans le segment des high pivots (même si on inclut les mid-pivots), c’est une espèce rare comme tu peux voir.

Il est dans la même catégorie que:

  • Forbidden Druid
  • Norco Sight Gen 5
  • C’est une petite catégorie

Le Highlander incorpore donc certains détails de la dernière génération de produits Deviate:

  • Routing externe des câbles dans le triangle avant en dessous du top tube (si seulement Deviate avait fait la même chose avec le triangle arrière, ce serait parfait).

  • Triangle avant moins bulky, plus mince et effilé (le bike à d’lair d’aller vite, même arrêté).

  • La clearance pour le pneu arrière reste relativement étroite (2.5 c’est vraiment le max qui peut fitter là).

  • Les bearings sont à la fois gros, mais aussi bien protégés, ce qui en fait un bike avec les bearings les plus durables du marché.

  • Overvall, le Highlander II feel plus massif qu’un Forbidden Druid, mais en ligne avec le Norco Sight Gen 5.

2 – Géométrie

Le Highlander II entre dans la norme pour ce qui est d’un High Pivot: un triangle arrière long (surtout au sag), mais un angle de fourche plutôt restreint (65 degrés) ce qui apporte un équilibre avant-arrière plus sain (améliore traction sur la roue avant).

L’arrière n’allonge pas avec la taille par contre (445mm, linkage concentrique avec le boitier de pédalier oblige), ce qui est fait que le medium et le large risque de feeler les plus équilibrés du lineup. À titre de référence, le chainstay du Druid change d’environ 15mm/taille, tandis que c’est 5mm pour le Sight.

Là où il se distingue, c’est avec un angle de tige de selle super fermé (78 degrés) et un tube de selle pratiquement en ligne avec le boitier de pédalier (ne deviens pas plus slack lorsque tu montes la selle). Combiné avec un reach plus grand que la moyenne (même après plusieurs années après sa sortie), ça donne un cockpit qui feel sain malgré l’angle de tige de selle et une position debout stable et qui t’encourage à attaquer en descente.

Le stack (hauteur du tube de direction) est par contre bas et je t’encourage à considérer un guidon avec plus de rise que ce qui vient d’origine pour éviter de te sentir constamment accoté sur tes mains en descente.

Overall, le Highlander II feel moderne et, sur papier, ça promet une excellente position pour grimper tout en étant moderne et agressif en descente (fit bien avec la personnalité d’un high pivot).

3 – Grimpe

Première chose à adresser, parce que c’est commun avec l’ensemble des high pivots: de par la nature d’un high pivot, c’est des bikes ou c’est facile d’avoir beaucoup d’anti-squat assis (résistance au mouvement au pédalage), mais beaucoup plus difficile debout sur les pédales (l’anti-squat effectif tombe rapidement). Ça en fait donc des bons grimpeurs assis, mais il ne vont pas t’encourager à te lever debout pour pousser sur tes pédales.

Le Highlander II fit parfaitement dans cette description: parmi les meilleurs assis, vaut pas grand chose debout.

Ce qui est hors norme par exemple, c’est la position assis: c’est le bike qui offre la meilleure position en montant que j’ai essayé à date (et un des seuls que j’ai pas senti le besoin de slammer la selle en avant au complet de ses rails). C’est une combinaison de l’angle de tige de selle fermé (compense pour la pente en grimpant) et le top tube/reach grand qui permet de garder une position assis ouverte qui engage l’avant et l’arrière de tes cuisses.

Un bike avec un cockpit trop compact va te positionner assis très droit sur ta selle, ce qui te permet seulement d’engager les muscles de l’avant de tes cuisses. Personnellement, j’ai besoin de toutes mes muscles de cuisses pour arriver en haut dans un temps raisonnable (et pas complètement brûlé).

Pour ce qui est de la poulie du high pivot et de la friction associée, c’est honnêtement pas vraiment un enjeu. Neuf avec du sable (ex: après une bonne pluie), tu l’entends un peu dans la gear la plus facile (parce que chaine de travers pas mal), mais avec un peut de bed-in des surfaces, ça devient rapidement invisible et peu ou pas notable quand tu switch avec un bike traditionnel.

À noter que je déconseille de rouler un guide en bas du chainring: ça, ça va causer une tonne de drag et devenir ben fatigant à long terme (même si ça donne une meilleure rétention de chaine en descente et réduit l’usure du dérailleur arrière).

Bref, le Highlander II c’est un excellent grimpeur assis (parmi les meilleurs du marché), mais il ne va pas t’encourager à te lever debout. C’est plus petit train va loin.

4 – Descente

Flow

Une des places où les high pivots ont toujours brillé le plus fort, c’est dans le flow: c’est des bikes qui sont capables de virer avec le plus de momentum du marché. Le fait que la roue arrière s’éloigne quand tu load le bike en virage permet de naturellement loader la roue avant avec tes jambes et te donner une tonne traction.

Si ta définition de fun dans le flow c’est de schralper un virage, il fera pas ça aussi bien que d’autres. Mais si tu veux prendre une inside line et maintenir autant de vitesse que possible, t’es à la bonne place.

C’est aussi un bike qui offre beaucoup de support et de prévisibilité dans les 2 premiers tiers de son débattement, tu peux donc aisément pomper le bike pour générer de la vitesse, ou encore pour prendre de l’air: il n’y a rien d’imprévisible ou de surprenant dans la réponse de la suspension arrière. C’est un bike étonnamment l’fun à jumper by the way, surtout les gros jumps à la gravity logic qui n’ont pas un lip trop prononcé (kick pas trop dans le haut du jump).

Pour ce qui est de la rigidité, c’est un bike stiff (meilleur fit si tu es lourd), mais sans feeler vibrant ou résonnant. Ça le rend l’fun à loader en virage dans des berms parce qu’il ne va pas feeler imprévisible en sortie, mais il peut aussi feeler fatiguant dans des berms défoncés de fin de saison.

Technique

Parmi les bikes all-mountain sur le marché actuellement, le Highlander c’est un des bikes qui va t’offrir le plus de confiance et de vitesse (l’un mène à l’autre) facilement et intuitivement, mais il y a un bémol majeur que je adresser au départ.

La suspension arrière manque de douceur en début de course. C’est le ratio de compression qui en est la cause: les 2 premiers tiers sont très linéaires et la quasi-totalité de la progressivité vient dans le dernier tier du débattement. Ça rend donc impossible de trouver le feeling light et doux en début de course d’un Forbidden ou d’un Evil.

Cela étant dit, le reste de la course feel prévisible et constant avec amplement de résistance au bottom out, il manque juste le plushness magique en début de course qui aurait rendu le bike quasi parfait.

Une fois que c’est dit … ce bike-là, dans le gros technique, est magique. Le speed, la prévisibilité et l’aspect ferme mais pas vibrant du cadre donne envie de gunner ben comme faut quand ça devient chunky. Le débattement arrière ne semble pas pantoute corrélé avec la vitesse que tu es capable de maintenir …

Stock c’est aussi un bike compétent et agile dans le slowtech: le bike est capable de prendre les gros hits et l’angle de fourche raisonnable le rend maniable quand tu dois passer lentement dans une section tight.

Cela étant dit, je pense pas que le reste du bike encourage à rider comme ça. J’ai fini par rouler un angle set -2 degrés avec une fourche 170mm (stock 160mm). Ça rend le bike overall moins versatile, mais ça permet de double down sur l’aspect ou le Highlander II est excellent: rouler stupid fast dans des sections ou la traction et l’aspect chunky du sol en dessous de toi essai de manger ta vitesse à chaque obstacle. Tu peux garder du momentum, voire en créer, dans des sections ou aucun bike dans son segment est réellement capable de réellement s’en approcher.

Là où je suis tombé le plus en amour avec le bike, c’est dans le trail technique où tu dois flotter au-dessus du chunk, mais être précis dans tes changements de direction, des sections ou tu dois quelques centimètres de trail smooth pour changer de direction et attaquer le prochain segment chaotique. Particulièrement sur des flat turns, tu peux loader les sideknobs des tes pneus et virer sur quasi rien à terre comme si t’étais accoté dans un berm.

Bon, c’est pas tout à fait ça, mais c’est comme ça que ça feel quand tu nail un virage clé sur ce bike-là.

Une chose importante à noter, comme sur l’ensemble des high single pivot, tu veux freiner de façon précise et éviter de dragger tes freins en descente: la suspension devient autrement stiff et inactive (haut niveau d’anti-rise). Dans une descente technique, tu veux loader tes pneus en freinant dans une pocket de traction, relâcher les freins et absorber le terrain quand le terrain est inégal … puis reloader le bike à la prochaine patch de traction.

Quand tu exécutes comme il faut ton freinage, tu feel comme un professionnel, mais dès que tu es sloppy, le bike peut te punir en devenant vibrant et punitif. Dis autrement, c’est pas le design le plus beginner-friendly au freinage, ça encourage plutôt une bonne technique de freinage et de rester attentif à la trail.

Bref, tu vas tripper sur le Highlander II en descente si tu as un bon core skillset et qu’une descente magique pour toi, c’est une descente où tu as naillé parfaitement tes lignes, conservé du momentum à des places où la trail veut pas et que tu as battu ton temps de la semaine passée.

Le bike peut faire plein de chose, mais c’est vraiment là qu’il brille le plus fort.

3 choses que j’ai aimées du Deviate Highlander II

  1. Le routing externe sur le triangle avant: à la fois invisible à l’oeil de profil, tu peux aisément passer tes gaines sans fuckailler avec un fisher à taponner à essayer d’arrêté des claquements de gaine sur l’intérieur du cadre.

  2. L’aspect intuitif de la suspension et du bike en virage: tu peux vraiment garder du momentum dans des sections où la traction est limitée, en particulier les flat turns.

  3. La durabilité du cadre, en particulier des bearings de suspension: après 2 ans et demi à le rouler, il n’y a aucun craquement, aucun lousse, aucun bearings fatigués.

    Si tu priorises que ton temps libre soit à rider ton bike, et non à taponner pour trouver la source d’un craquement mystère, ça vaut de l’or.

3 choses que j’ai pas aimées du Deviate Highlander II

  1. Le routing interne sur le triangle arrière. Après avoir fait une job aussi sharp de routing externe sur le triangle avant, c’est stupide de devoir passer à l’interne les câbles dans le triangle arrière (en particulier la gaine de frein).

    Il aurait pu mettre un bracket sur le dessus du seat stay pour guider avec des tiewraps et ça aurait été le setup lazy mechanic parfait.

  2. Le manque de douceur en début de course de la suspension arrière. J’ai seulement réussi à atteindre une bonne douceur avec la Intend Hover, une shock extraordinaire pour patcher une courbe de compression ordinaire.

  3. Le stack trop bas du tube de direction: avec un reach aussi grand, c’est primordial d’avoir un guidon plus haut que la moyenne pour éviter d’être constamment en appuie sur tes mains (ça vient rapidement épuisant).

    C’est une upgrade simple à faire (un guidon high rise comme le PNW Range ça coûte une centaine de dollars), mais ça aurait été l’fun que Deviate ajoute quelques cm à son tube de direction d’origine.

5 – C’est quoi les builds les plus intéressants?

Il y a seulement 2 builds (+ frameset seul), je recommande celui de base.

Si tu as encore de l’argent qui te brûle les poches, je te recommande de l’upgrader (ex: coil arrière, disques plus gros, meilleures fourches, etc.)

  1. Deviate Highlander II Elite – 8 000$

    Deviate évoluant dans le segment des brands haut de gamme (Santa Cruz, Yeti, Pivot, Ibis, etc.), ça sera jamais un bike abordable, mais considérant la compétition, le build kit est solide et t’en offres beaucoup pour ton argent.

    En particulier, les suspensions (Fox 36 Grip X2, X2 Performance), l’entrainement Deore (toujours aussi solide et abordable), les freins XT 4 pistons (sharp et fiable) et les pneus (Kryptotal Enduro Supersoft avant, Soft arrière).

    Le cockpit Oneup feel haut de gamme, tandis que les roues sont le seul réel point faible (tu vas finir par défoncer les jantes). Tu peux les rebuilder avec des jantes DT Swiss FR541/571 quand ça arrive, autrement le hub (DT 370 ratchet) est bombproof.

  2. Frameset – 5 000$

    Si tu budgètes 10k ou plus pour ton Highlander II, tu es mieux de passer par le chemin du custom build. Tu vas pouvoir dès le départ choisir les bonnes suspensions pour tes besoins, tes freins préférés, des roues solides avec le feel que tu recherches ainsi que tes pneus préférés dès le départ (conti fait des bons pneus, mais pas les meilleurs).

    À moins que tu recherches au départ un build Fox Factory/Shimano XT, tu vas en avoir plus pour ton argent que le build Factory de Deviate.

6 – Donc, si tu magasines un Deviate Highlander II, devrais-tu?

  • L’éviter
  • Le considérer
  • Le mettre dans ton top 3
  • Juste aller l’acheter

Tu devrais considérer le Highlander II: c’est un bike avec une personnalité forte, avec d’immenses qualités, mais aussi des grands défauts.

Si tu es à la recherche de l’expérience high pivot avec toute la traction et la stabilité à haute vitesse dans un package qui feel pas comme un sofa dans le flow, tu vas adorer le Highlander II.

Il faut juste pas s’attendre à un bike avec une personnalité neutre et consensuelle, dans ce cas-là, tu vas être mieux servi par un Santa Cruz Hightower, un Yeti MT ou un Pivot Switchblade.

Ce que je peux te dire par exemple, c’est que c’est le bike le plus fiable et facile à vivre que j’ai possédé à long terme: c’est impressionnant la marde que le Highlander II peut prendre sans faillir.

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